LA CITÉ INTERNATIONALE S’IMPROVISE THÉÂTRE

Prochaine session du théâtre d’improvisation : le 10 janvier 2012 à la Fondation de Monaco

16/12/2011
Tout au long du deuxième semestre, la Cité internationale universitaire de Paris accueillera chaque lundi un atelier d’improvisation théâtrale. Le 21 novembre dernier, une vingtaine de volontaires ont pu se soumettre à une "mise en bouche".
 
Le long des allées paisibles de la Cité internationale universitaire de Paris, seule la respiration régulière des joggeurs vient troubler le calme des lieux. Pourtant, à l'ouest du site, la fondation de Monaco accueille ce lundi soir un étonnant spectacle.
Dans l'entrée de cette maison inaugurée en 1937, de joyeux drilles ont poussé les moelleux fauteuils verts pour faire de la place. Et quadrillent désormais le vaste hall en faisant les cent pas. Ils sont une vingtaine de participants, résidents de la Cité pour la plupart, étrangers en majorité, à prendre l’air pressé. Les étudiants qui franchissent le sas d’entrée pour réintégrer leurs chambres se retrouvent nez à nez avec ces drôles d’énergumènes. Certains restent indifférents, d’autres viennent s’asseoir pour profiter du spectacle.
La directrice de la maison, la Monégasque Karine Médecin, explique l’étrange scène aux nouveaux venus : "C’est un atelier d’improvisation théâtrale. Joignez-vous à nous !". La "mise en bouche" est ouverte à tous. Les retardataires sont accueillis à bras ouverts par le responsable du désordre ambiant, le comédien David Garel.
 
Cheveux coupés ras, jean bleu et pull blanc, le sociétaire du cours Florent enjoint les participants à mimer la faim. Les uns se tiennent le ventre, les autres ont la bouche ouverte.
Assise dans les marches de l’entrée, Karine Médecin a le sourire. Passionnée de théâtre, l’ancienne diplomate est très motivée par cette deuxième session d’ateliers. L’an dernier, 140 étudiants avaient participé à la première édition, déjà emmenée par David.
"C’est un projet qui va se déplacer de maison enmaison tous les lundis de janvier à mai, explique Karine. Ce soir, c’est uneprésentation. On offre la possibilité aux résidents d’apprendre l’improvisationthéâtrale car elle se base sur le quiproquo. Et quoi de mieux que le quiproquopour résumer les rapports entre les peuples."
Karine souhaite aussi aider certains à sortir de leur timidité. "Dernièrement, se souvient-elle, quelqu’un m’a interpellée pour me dire que c’était sa meilleure expérience vécue à la Cité."
 
Finir la scène ensemble
"Ah, Grüta !" s’exclame David en s’approchant d’une grande blonde. Grüta, qui s’appelle en réalité Léonie, est allemande et a vécu pendant deux ans à la Cité. Elle est revenue spécialement pour l’atelier. "J’aime la spontanéité del’improvisation, sourit-elle. J’ai rencontré une amie ici et on est restées trèsproches. "Autre habitué des cours de David, Mikhaïl le Russe. "J’ai beaucoupaimé, avoue ce grand thésard à lunettes. J’ai trouvé cela très utile pour lestechniques de conversation, pour savoir comment divertir les autres."
 
Désormais en rang par dix, les participants se livrent à un nouvel exercice. Ils tournent le dos aux spectateurs et, au top de David, doivent se retourner en mimant un sentiment. "Attention, avertit le comédien, je veux voir…la colère. Top !" Dans le public, Rachel éclate de rire. Elle ne comprend pas un mot de français mais s’amuse de la situation. L’exercice suivant est encore plus cocasse : "Vous allez me mimer le dernier IPhone 4 en train de discuter avecun vulgaire Samsung !"
Dernier exercice. Les participants forment une machine. Chacun est relié à son voisin par le bras, le pied, le bout des doigts. Tous doivent répéter un bruit, un geste.
Élément central de cette mécanique humaine, Farès vit son premier atelier. Ce Marocain de 22 ans, en école d’ingénieur, vient d’arriver à la cité : "J’ai découvert l’atelier via un flyer à la maison du Maroc, raconte-t-il. J’avaisdéjà fait du théâtre au lycée et je voulais rencontrer quelqu’un du cours Florent. C’était vraiment marrant, je n’avais pas envie que cela s’arrête. Je reviendrai."

La soirée s’avance et David conclut l’initiation par un jeu d’improvisation.
Léonie prend place sur le divan. "Tu interprètes Elvire, lui explique le professeur, tu attends quelqu’un qui va faire battre ton cœur." L’homme qu’elle rencontre, joué par Mikhaïl, suscite son désir mais n’a aucun point commun avec elle. Les deux anciens improvisent alors une relation d’attraction-répulsion. À la fin de la scène, après les applaudissements, David débriefe : "Léonie, si ton personnage n’aime pas ses mains, il doit les cacher. N’oubliez pas, dans l’improvisation, il y a un enjeu : finir la scène ensemble."
 
Si l’on s’amuse beaucoup, on apprend aussi les bases du théâtre.
Rendez-vous le 10 janvier 2012 pour la reprise. "Cette année, on sera davantage un spectacle itinérant, précise Karine Médecin. On va chercher à travailler sur l’humour entre cultures, un côté croustillant de la Cité !" 
En attendant, ces futurs rois de l’improvisation peuvent suivre les conseils de David et s’entraîner à incarner un "morceau de sucre qui n’aime pas le café."
 
Romain CHEVREUIL.

Prochaine session du théâtre d’improvisation :
le mardi 10 janvier 2012 de 20h à 22h à la Fondation de Monaco.